En seulement trois jours de marche, nous avons déjà essuyé deux attaques d'abominables hommes-bêtes... j'ai déjà eu le déplaisir d'en voir par le passé, mais je dois dire qu'ils rivalisent de mocheté !
Midenheim n'est pas si proche dans notre dos, Altdorf est encore si loin...
Afin de palier à l'incompétence de nos escorteurs, Elrichk part en reconnaissance et revient alarmé : un chariot renversé barre le chemin, ça sent l'embuscade à plein nez ! D'après notre forestier-archer, ils seraient au moins quatre hommes-bêtes... un plan est alors mis en place pour passer cet obstacle, à base de table, d'arcs et de charges de cavalerie.
Après une lente progression pour certains à travers les bois, et pour d'autres avec une table piquée sur un des chariots au bout des bras, l'assaut est mené : Edgar plante l'un d'une flèche, Elrichk en plante un autre d'un carreau, mais leurs complices sortent des fourrés ! N'écoutant que notre courage, moi et mes compagnons venons rapidement à bout de ces immondes créatures du chaos, et nous pouvons alors reprendre notre route.
Cette petite altercation nous ayant tout de même fait perdre un temps précieux, c'est avec anxiété que nous voyons la nuit arriver mais l'auberge salutaire n'est toujours pas visible... la peur gagne tout le monde et lorsque nous sommes assaillis de flèches, c'est la panique complète !
Pensant nous mettre ainsi hors de portée de nos adversaires, nous soufflons nos lanternes, mais ce n'est qu'en se recevant la seconde volée de flèches que nous nous rappelons que les hommes-bêtes voient assez bien la nuit...
Nous sommes dépassés, en surnombre, complètement désorganisés, lorsque une soudaine lumière presque aveuglante apparaît : "Ah, Marsirane a enfin réussi à trouver un usage pratique de sa magie !" Cela nous permet certes de résister un peu, mais surtout de nous rendre compte que nous sommes vraiment foutus !
Puis, d'un coup, l'un d'entre eux brûle instantanément sous mes yeux.
Puis un second.
Puis j'entends les cris d'un troisième derrière moi.
Je me retourne, et ce que je découvre est impressionnant : le très discret érudit qui nous accompagne n'a pas plus l'air d'un historien que j'ai des oreilles d'elfes ! Une véritable couronne de flammes le surmonte, et des boules de feu en jaillissent, terrassant et faisant fuir nos adversaires. J'apprendrai plus tard en discutant avec lui que ce serait une sorte de "maître-sorcier", d'un collège de magie qui doit vraisemblablement être celui du feu... si celui-ci existe. En tout cas nous lui devons la vie.
Arrivée tardivement et de nuit à l'auberge, celle-ci se trouve fermée, mais nous réussissons à y accéder grâce à la présence à nos côtés des patrouilleurs : ils auront au moins servi à cela ces deux-là !!!
Pas de tour de garde cette nuit en ce qui me concerne, et je crois que les autres vont s'endormir comme des masses également, une journée de repos le lendemain ne nous ferait pas de mal.
Puis, enfin, au bout d'un long voyage, nous arrivons aux portes d'Altdorf sans autre péripétie, mais avec une invitation à revoir notre précieux "érudit".